Juristas de España y Canadá animan a Europa a invertir más para ser una potencia tecnológica

Traduction de l’espagnol :

Des juristes espagnols et canadiens encouragent l’Europe à investir davantage pour devenir une puissance technologique

L’ambassadeur du Canada en Espagne, Jefrey (sic) Marder, a expliqué cette semaine à Madrid que « le Canada associe son engagement en faveur du développement technologique à un engagement ferme en faveur de l’éthique, de la réglementation responsable et de l’inclusion ». Le pays, a-t-il souligné, œuvre à la défense des droits « afin de garantir que l’innovation technologique continue d’être au service des personnes et des institutions démocratiques ».

Le diplomate a déclaré que le Canada reconnaît en Espagne « un partenaire solide et stable, pleinement aligné sur nos priorités : l’IA éthique, le multilatéralisme, la protection des données, l’innovation inclusive et la gouvernance responsable de l’espace numérique »

Marder a fait ces déclarations lors de l’inauguration de la journée « Droits numériques : un dialogue nécessaire entre l’Union européenne et le Canada », organisée à la Casa de América par l’université CEU San Pablo, dans le cadre des activités de l’Observatoire des droits numériques. La journée a compté, pour la partie espagnole, avec la participation de Juan Miguel Márquez, sous-directeur général de l’Ontsi, appartenant à Red.es, entité rattachée au ministère de la Transformation numérique et de la Fonction publique, ainsi que du professeur de droit administratif José Luis Piñar et de la professeure Rosario Duaso, tous deux de l’université CEU San Pablo.

L’université de Montréal était représentée par Karim Benyekhlef, professeur et directeur du Laboratoire de cyberjustice, une référence mondiale qui se concentre sur l’analyse de l’impact des technologies destructrices sur les droits fondamentaux, ainsi que par Nicolas Vermeys et Valentin Callipel, respectivement directeur adjoint et chef de mission du laboratoire.

Juan Miguel Márquez, directeur adjoint de l’Observatoire national de la technologie et de la société (Ontsi), a plaidé en faveur d’un retour au consensus sur la nécessité de défendre les droits fondamentaux également dans l’environnement numérique. Márquez a souligné la valeur du dialogue entre le Canada et l’Espagne sur les droits numériques et la proximité avec le Canada : « Nous partageons la même vision des droits fondamentaux dans l’environnement numérique, la nécessité d’une gouvernance des technologies numériques et de leur réglementation afin qu’elles servent le bien commun ».

Pour sa part, le professeur José Luis Piñar a revendiqué le concept de « dialogue » à une époque de distanciation et de confrontation, en mettant l’accent sur le dialogue entre techniciens et juristes : « On ne peut pas avancer dans le monde numérique sans un dialogue constant entre juristes et techniciens. Un juriste ne peut pas agir seul et un technicien ne peut pas non plus agir sans consulter un juriste, encore moins dans l’Union européenne et au Canada, où toute innovation doit respecter les droits fondamentaux », a-t-il expliqué.

M. Piñar a nié l’impact supposé de la réglementation sur l’innovation. « Il n’est pas vrai, a-t-il expliqué, que l’innovation et la réglementation soient en conflit, bien au contraire. L’innovation en Europe est très importante, il manque peut-être manifestement des investissements, mais l’Europe n’est pas si en retard et cette innovation s’inscrit dans un cadre réglementaire pleinement conforme aux droits fondamentaux ».

Karim Benyekhlef, professeur et directeur du Laboratoire de cyberjustice de l’Université de Montréal, a indiqué, dans la lignée des déclarations de José Luis Piñar, qu’il existe des études qui montrent que l’innovation n’est pas limitée par la réglementation. Selon Benyekhlef, les grandes entreprises technologiques fonctionnent comme des « entreprises-États », soulignant à la fois « l’énorme pression exercée par les États-Unis sur l’Union européenne », qui considère que la réglementation européenne est une limitation pour ses entreprises.

Selon l’analyse de Benyekhlef, dans ce contexte de pression et de concurrence extrêmes « la réglementation de l’Union européenne n’est pas suffisante. Elle doit s’accompagner d’investissements importants pour que l’Europe devienne une puissance industrielle et technologique ».

L’Observatoire des droits numériques est une initiative publique-privée lancée par Red.es, rattachée au ministère de la Transformation numérique et de la Fonction publique, en collaboration avec 19 entités, dont l’université CEU San Pablo, pour la protection et la diffusion des droits numériques.

Ce contenu a été mis à jour le 2 mars 2026 à 10 h 15 min.